Détail de la couverture du passeport
Détail de la couverture du passeport

Les Français d’origine portugaise qui se croient Portugais

Par

Le sentiment d’appartenir à un pays est quelque chose de très personnel, mais aussi très factuel. Parfois, les deux ne vont pas ensemble.

La nationalité portugaise

Pour l’état portugais, ce n’est pas très compliqué : est portugais celui qui a une carte de citoyen, le “cartão de cidadão“. Les autres, même s’ils ont des origines, ne sont pas portugais.

Pour avoir son mot à dire sur la politique portugaise, il faut avoir le droit de vote, et par conséquent la nationalité. Au pire, on peut toujours voter à certaines élections si on est un citoyen européen habitant au Portugal.

Lire aussi : comment devient-on portugais ?

Que comprenons-nous de ce raisonnement ? Aux yeux de l’état portugais, un étranger de l’UE habitant au Portugal a plus le droit de dire ce que le Portugal doit devenir qu’un français d’origine portugaise n’ayant pas la citoyenneté.

Et c’est normal, c’est bien ainsi. Mais le problème, c’est que nous avons beaucoup de personnes n’habitant pas au Portugal ou n’y ayant jamais résidé plus d’un mois qui se croient “portugais”.

cartão do cidadão

Le Portugal, c’est chez moi

On entend cela de la bouche de nombreux fils de portugais. Si on reste pragmatique, “chez nous”, c’est le lieu où on habite. Donc, un fils de portugais n’est pas “chez lui” au Portugal. Il est le bienvenu, certes, mais n’est pas chez lui.

Maintenant, admettons, il a a nationalité portugaise, parce que ses parents l’ont déclaré au consulat. Est-il plus chez lui que les autres ?

Il le pense en tout cas. Mais n’ayant pas grandi, pas vécu au Portugal, il n’a pas la culture portugaise. Il n’a pas les codes de la jeunesse portugaise. Il en a d’autres, ceux de la culture franco-portugaise.

N’oublions pas : pour les portugais du Portugal, un fils de “avec” est un “sava”. Ils sentent bien la différence quand ils les voient débarquer au mois d’août. Ces fils de “avec” se croyant justement un peu trop chez eux, alors qu’ils n’ont finalement que peu de choses à voir, à part un patronyme… et le Benfica.

avec

Jalousie mal placée

Pourquoi cet article de blog ? Parce que, sur la plupart des groupes Facebook que je fréquente, de nombreux franco-portugais sont jaloux du Portugal.

Ils ne veulent pas que les français y vivent !

De quel droit ? Parce qu’ils s’appellent da Silva, de Sousa ou Oliveira ? Parce qu’ils ont une carte en plastique qui dit “cidadão” ? Le Portugal n’a jamais autant eu besoin de ses forces vives comme maintenant, ils pourraient eux aussi “revenir” au Portugal !

En restant en France, ils ne contribuent en rien à l’économie du pays. Justes bons à dépenser des sous en vacances, comme n’importe quel touriste. Mais en gardant une certaine condescendance avec les “blédards”.

Nous au Portugal, on préfère un retraité respectueux, même s’il ne parle pas (encore) portugais aux “avecs” qui nous font honte. Des gens qui en France votent extrême-droite sans problème, oubliant que leurs parents étaient et sont toujours des étrangers. Des gens qui répliquent leurs attitudes culturelles françaises dans ce qu’elles ont de plus mauvais envers les portugais.

Le Portugal est un pays tolérant, humble et ouvert aux autres.

J’en ai vu des franco-portugais qui sont venus au Portugal, pour y vivre. Rapidement, ils perçoivent bien qu’ils ne sont pas tout à fait des “portugais comme les autres”. On le leur fait sentir.

C’était mon cas. J’étais le “franciu“, un terme péjoratif pour “français”. Mais c’est notre attitude en tant que franco-portugais qui fera toute la différence.

  • soit on reste enfermé dans ses codes de français, et on est vite exclu.
  • soit on s’ouvre aux autres, on prend les mêmes habitudes et on s’intègre.

J’ai choisi la deuxième option. Et aujourd’hui, j’ai encore un peu de “sotaque”, mais qui ne fait absolument aucune différence aux yeux de mes compatriotes portugais.

Les autres, ceux qui disent qu’ils ont tout le temps raison et qui ne veulent pas changer, ils sont rentrés en France.


Commentaires

A lire aussi