mine de lithium
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Le danger du lithium au Portugal

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Le pays possède une des plus grandes réserves de lithium, ce qui semble préparer un futur désastre écologique…

Nous sommes assis sur un tas d’or. De “l’or blanc”, en l’occurrence, ou plutôt, du lithium. Ce minerai est devenu aujourd’hui absolument essentiel dès que l’on parle de nouvelles technologies : c’est l’élément principal utilisé dans les batteries de nos téléphones ou des voitures électriques.

La consommation mondiale a explosé ces dernières années, et la valeur du minerai également. La situation semble s’être calmée depuis l’exploitation d’importants gisements en Australie. Mais pour un européen, avoir sur son sol la production même de lithium plutôt que de l’importer reste une aubaine, et vital pour son indépendance. C’est ici qu’intervient le Portugal.

Cours du lithium

Gisements portugais de lithium

Le Portugal est déjà le premier pays producteur européen de lithium, avec 400 tonnes en 2017. A titre de comparaison, le premier pays producteur, l’Australie, a produit en 2017 18 000 tonnes.

Mais le Portugal a de nombreux gisements potentiels à exploiter. Le sous-sol est riche, et serait une grande source de richesse pour le pays, et d’emploi. Par ailleurs, la plupart des demandes d’exploitation en cours sont situées dans l’intérieur du pays, qui se vide peu à peu de sa population. Trás-os-Montes, Beira Interior, Alto Douro… Une opportunité unique de remettre au premier plan des régions économiquement sinistrées.

Tout le monde aurait à y gagner ? Pas tout à fait

Un désastre écologique annoncé

La méthode pour extraire le minerai du sous-sol est peut-être la pire qui soit. On creuse un trou gigantesque. C’est aussi simple que ça. On détruit tout au passage. Il n’y a pas de solution alternative.

Il n’y a plus d’arbres, plus de sol, plus rien.

mine de lithium
C’est un authentique cratère qui est creusé, aux proportions dantesques.

Les industriels parlent d’une “renaturation” possible. En clair, une fois la mine épuisée, la nature reprend ses droits. Mais dans ce cas, une autre question doit être posée : ces mines à ciel ouvert ont une durée de vie, souvent de dix ans. Quid de l’essor économique de la région au bout de dix ans ? Les entreprises exploitantes sont de plus, étrangères (Dakota, Savannah…). On aura détruit la nature pour quelque chose qui n’est même pas pérenne…

renaturation
Le scénario idéal des exploitants miniers

Comme si le cratère ne suffisait pas, les poussières rejetées par l’exploitation sont assurément toxiques.

Ce qui a sauvé jusqu’à aujourd’hui les paysages portugais, c’est le coût de l’extraction. Il était en effet 2,5 fois plus cher d’extraire du lithium au Portugal qu’au Chili par exemple. Mais avec l’avancée des technologies et la découverte de nouveaux gisements, c’est de moins en moins le cas.

La résistance à l’exploitation du lithium s’organise

Face à l’ampleur de l’impact environnemental et l’incertitude des retombées économiques pour la population locale, les habitants concernés s’organisent. Des associations se forment, et organisent des réunions d’information, souvent animées par des géologues. Les conclusions sont presque invariablement les mêmes : rejet des mines à ciel ouvert.

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Affiche pour une réunion d’information

On retrouve la même problématique que les exploitations de gaz de schiste potentielles présentes sur le littoral.

Richesse annoncée incertaine pour une pollution avec certitude.

Le lithium pose un problème de conscience également, à de nombreux écologistes. Comment prôner la voiture électrique, tout en interdisant l’exploitation du lithium ?

Seule la recherche de nouvelles formes de stockage de l’énergie semblent viables aujourd’hui. Aux premières loges, l’hydrogène, une ressource virtuellement infinie et avec l’avantage de ne rejeter dans l’atmosphère que de la vapeur d’eau… Si des alternatives au lithium se confirment, on aura, encore une fois, détruit le paysage portugais pour rien.


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