Peinture murale
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Adieu Steve

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Lors de la fête de la musique, Steve Maia Caniço tombait dans la Loire. Ce 21 juin là, il perdit la vie.

Fête de la musique

La fête de la musique, instituée par Jack Lang, ministre de la culture à l’époque lointaine de Mitterrand, est l’occasion de passer la plus courte des nuits de l’année à s’amuser et écouter de la musique dans les rues de sa ville. A Nantes, comme ailleurs en France et même en Europe, la musique est de mise.

Une fête, c’est une occasion extraordinaire de réjouissances publiques. C’est la définition. On est là pour passer du bon temps entre amis, voisins. Steve, comme les autres jeunes de la ville, ne veulent que ça. Sur l’île de Nantes, il y avait de la techno à écouter.

4h30 du matin, arrive la police

Les forces de l’ordre sont là pour faire régner la paix. Assurer à toutes et à tous la sécurité à laquelle ils ont le droit. La musique était supposée s’arrêter à 4h00. Cette nuit là, pour faire régner la paix après l’heure fatidique de la fin de la fête, la police charge.

Elle charge fort.

Si fort que des jeunes fêtards tombent dans les eaux sombres de la Loire. L’un d’eux serait l’ami Steve Maia Caniço, simple éducateur de 24 ans. Porté disparu ce jour-là, on ne retrouvera son corps que le 30 juillet 2019.

Les portugais, des personnes qui ne font pas de vagues

Steve est franco-portugais. Nous sommes reconnus comme étant une population parfaitement intégrée, avec un taux de criminalité identique, voire inférieur aux “français de souche”.

Cela se voit par le calme après sa disparition. Juste une attente angoissée, jusqu’à ce 30 juillet. Pendant ce temps, interminable, les responsables policiers ou politiques tenteront de se dédouaner autant que possible.

Aucune charge policière ne devrait se terminer par un drame. Nous sommes d’accord pour dire que le sommeil des gens doit être respecté, que les forces de l’ordre sont là pour appliquer la Loi.

Mais est-ce que le sommeil des riverains lors d’une soirée festive exceptionnelle vaut plus que la vie d’un jeune homme ?

Le lieu du drame, Quai du Président Wilson, à Nantes, est un point de rendez-vous depuis 20 ans de la fête de la musique. Ici, il n’y a pas de voisinage immédiat, sauf peut-être les poissons. Nous ne dirons pas qu’il s’agissait du lieu idéal pour que la police se défoule. Ni que les lointains riverains étaient gênés par la musique à partir de 4h30 du matin, mais qu’à 3h30, tout allait pour le mieux pour eux.

Les portugais qui autrefois avaient fuit la dictature de Salazar et la violence policière ne s’attendaient certainement pas à ce que leurs enfants en soient victimes en France. Dans l’imaginaire, la France reste un pays de liberté et de démocratie.

S’ils savaient ! Un nombre révélateur : selon Reporters Sans Frontières, la France est classée 32ème en 2019 des pays avec le plus de liberté de presse, 20 positions derrière… le Portugal, 12ème.

Il n’y a bien sûr pas de statistiques officielles sur les violences policières.

Foutage de gueule

Les portugais, disions-nous, sont calmes. On peut leur faire ce que l’on veut, ils ne bronchent pratiquement jamais. Mais, face à l’adversité, sont solidaires.

L’avocate de la famille, Me Cécile de Oliveira, dont le patronyme dénonce les origines lusitaniennes, a déclaré que la famille est en “état de choc” depuis la découverte du corps de Steve. C’est une évidence, l’espoir de le retrouver vivant était disparu depuis longtemps.

Le même jour, le rapport de l’IGPN (Inspection Générale de la Police Nationale) n’a pas

établi de lien entre l’intervention de la police et la disparition

Donc, selon la police des polices, la charge policière n’a pas été responsable de la chute de 14 personnes dans la Loire ce soir là.

Ils sont tombés tout seuls. Et Steve ne sachant pas nager… c’est pas de chance.

La femme de Jérôme Rodrigues

Jérôme Rodrigues, l’un des gilets jaunes les plus en vue (et également franco-portugais), a perdu un oeil lors d’une charge policière. Déjà très considéré par les gilets jaunes, il a depuis ce “regrettable accident” gagné un statut de héros.

Il devient quelqu’un de gênant.

Sa compagne fait un malaise, elle appelle les pompiers. Il est vrai qu’ils s’étaient chamaillés juste avant, comme cela peut arriver dans n’importe quel couple.

Mais pour Jérôme, ce n’est pas une simple dispute, c’est différent. Il est surveillé, et la moindre occasion est parfaite pour salir son image. Le procureur de la république va donc s’empresser d’ordonner sa mise en garde à vue.

La presse sera encore plus rapide pour titrer “le gilet jaune Jérôme Rodrigues, emprisonné pour violences conjugales”.

Il faudra un démenti sur les réseaux sociaux de sa compagne le jour même pour que la vérité soit faite.

Dans l’intervalle, la réputation de Jérôme Rodrigues sur les grands médias est déjà faite.


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