Pepe, joueur brésilien naturalisé portugais.
Pepe, joueur brésilien naturalisé portugais.

Les étrangers au Portugal en 2019

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Le rapport du SEF (serviço estrangeiro e fronteiras) de 2019 nous permet de connaître un peu mieux la population étrangère vivant légalement au Portugal. En 2018, il y avait ainsi 480 300 étrangers au Portugal, une population en augmentation de presque 14% par rapport à 2017.

C’est la troisième année consécutive que la population étrangère augmente au Portugal. Il faut par ailleurs remonter à 2002 pour retrouver une croissance aussi rapide qu’en 2018.

Evolution de la population étrangère au Portugal

Regardons le tableau, avec les 10 premières nationalités étrangères.

 nombre d’étrangers
Brésil105 423
Cap-Vert34 663
Roumanie30 908
Ukraine29 218
Royaume-Uni26 445
Chine25 357
France19 771
Italie18 662
Angola18 382
Guiné Bissau16 186

On constate que la majorité des immigrés viennent de pays parlant le portugais. Il n’y a pas de choc culturel majeur, nous sommes toujours dans la lusophonie.

La première communauté étrangère est ainsi la brésilienne, de très loin. Un étranger sur cinq est ainsi originaire du Brésil. Le Portugal a toujours été pour le Brésil la porte d’entrée de l’Europe.

Ensuite vient le Cap-Vert, un autre pays très proche du Portugal, avec la même langue (ou presque, de nombreux cap-verdiens parlant créole) et une culture commune. L’Ukraine et la Roumanie s’expliquent par le boom économique portugais de la fin des années 1990, attirant ainsi de très nombreux travailleurs de l’est européen, qui ont trouvé au Portugal un petit coin de paradis, malgré des conditions de travail souvent très dures.

La population ukrainienne est d’ailleurs l’une des rares étrangères à être en baisse. Deux faits peuvent l’expliquer : un retour au pays, mais aussi l’acquisition de la nationalité portugaise pour ces citoyens hors Union Européenne.

Pepe, joueur brésilien naturalisé portugais.
Pepe, joueur brésilien naturalisé portugais.

Étonnement, au vu du contexte médiatique actuel, le nombre d’étrangers africains était en baisse jusqu’à 2017, remontant légèrement en 2018. Une partie de cette baisse s’explique par l’acquisition de la nationalité portugaise, mais également par un flux somme toute assez modeste de nouveaux arrivants. Nous sommes très loin de “l’invasion migratoire” que les médias s’évertuent à nous faire croire.

Néanmoins, quelques nationalités ont connu un “boom” en 2018, avec de très fortes augmentations :

  • les personnes arrivant du Bangladesh, +165%
  • les brésiliens, +144%
  • les népalais, +141%
  • les indiens, +127%
  • les vénézuéliens, +83%

Exceptés les brésiliens, les personnes originaires du sous-continent Indien sont tout de même en petit nombre, mais en effet de plus en plus visibles. Ils viennent souvent faire un travail que personne d’autre ne veut faire.

Les producteurs agricoles de l’Alentejo leur disent merci.

La forte augmentation du nombre de français et d’italiens arrivant au Portugal continue sur sa lancée : +46% de nouveaux italiens, +29% de français.

Evolution du nombre de français qui résident au Portugal

Un français sur trois vivant au Portugal est retraité. On notera que les espagnols ne sont pas dans le top 10 des étrangers vivant au Portugal, malgré la proximité géographique (ils ont été remplacés au classement en 2017 par les italiens).

Une curiosité : 17% des italiens sont nés au Brésil. Ceci s’explique par le “droit du sang” italien au moment d’acquérir la nationalité, qui se transmet de père en fils, où qu’ils soient. Ainsi, bon nombre de brésiliens sont également italiens, même si leur famille est installée au Brésil depuis plusieurs générations. Au moment de venir au Portugal, il était plus simple pour eux de se déclarer comme étant italiens.

Naturalisations

Au premier rang des étrangers obtenant la nationalité portugaise se trouve, logiquement, les brésiliens. En deuxième position, étonnement si on ne remet pas dans le contexte, se trouvent les israéliens.

Il s’agit d’une loi permettant aux descendants des juifs portugais expulsés du pays il y a quelques siècles de récupérer la nationalité de leurs lointains ancêtres. Une sorte de justice, de demande de Pardon des autorités portugaises. Du coup, de nombreux israéliens utilisent cette possibilité. Par sentimentalisme, mais aussi par pragmatisme.

Cette loi explique également les demandes turques de naturalisations. Il s’agit de juifs turcs, qui descendent eux aussi des portugais expulsés.

Du coté absolument pratique, le Portugal récupère ainsi de nouveaux nationaux qui ont souvent de l’argent et qui ne posent pas de problèmes, et les israéliens récupèrent facilement un passeport européen. Tout le monde est gagnant.

A coté de cette belle idée, de cette réparation des injustices faites aux juifs par le passé, une autre idée est en train de germer. Il s’agit maintenant de permettre aux descendants de portugais en Asie de se naturaliser portugais. Pour le gouvernement portugais, il s’agit de justice également, s’ils le font pour les descendants des juifs portugais, pourquoi ne le feraient-il pas pour les descendants d’autres portugais dans le monde?

Pour s’en rendre compte du potentiel de nouveaux nationaux, il suffit de penser à la plupart des catholiques d’Asie, lointains descendants de portugais, que ce soit à Malacca (en Malaisie), en Indonésie, à Singapour, au Timor Oriental, en Thaïlande, au Myanmar, en Inde ou encore au Sri Lanka…

Mais à ce compte là, il faudrait aussi parler des descendants des portugais au Brésil…

Et l’immigration illégale?

Selon le SEF, les contraventions pour permanence illégale sur le territoire portugais ont plus que doublé (111%). 28.451 personnes en 2018 à comparer aux 13.465 de 2017. La première communauté étrangère en situation irrégulière est la brésilienne, qui souvent “oublie” simplement de renouveler son titre de résidence.

Les expulsions restent très rares au Portugal. En 2017, seuls 354 immigrés illégaux ont été expulsés, dont 129 avaient été auparavant condamnés à des peines de prison pour crime violent. On pourrait comparer ces nombres aux 692 portugais expulsés d’autres pays en 2017…

En général, le Portugal préfère légaliser les étrangers, ceux qui travaillent depuis plus d’un an dans le pays.

Les autorités portugaises se réjouissent de cette augmentation de la population étrangère, signe pour elles de la bonne santé économique du pays et de son attractivité. Personne n’oublie que malgré tout, le pays perd des habitants petit à petit


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