Pepe, joueur brésilien naturalisé portugais.

Les étrangers au Portugal

Par José da Silva, le 27 juin 2018

Le rapport du SEF (serviço estrangeiro e fronteiras) de 2018 nous permet de connaître un peu mieux la population étrangère vivant au Portugal. En 2017, il y avait ainsi 421 711 étrangers au Portugal, une population en augmentation de 6%.

Regardons le tableau, avec les 10 premières nationalités étrangères.

nombre d’étrangers
Brésil 85 426
Cap-Vert 34 986
Ukraine 32 453
Roumanie 30 750
Chine 23 197
Royaume-Uni 22 431
Angola 16 854
France 15 319
Guiné-Bissau 15 198
Italie 12 925

On constate que l’écrasante majorité des immigrés viennent de pays parlant le portugais. Il n’y a pas de choc culturel majeur, nous sommes toujours dans la lusophonie.

La première communauté étrangère est ainsi la brésilienne, de très loin. Le Portugal a toujours été pour le Brésil la porte d’entrée de l’Europe.

Ensuite vient le Cap-Vert, un autre pays très proche du Portugal, avec la même langue (ou presque, de nombreux cap-verdiens parlant créole) et une culture commune. L’Ukraine et la Roumanie s’expliquent par le boom économique portugais de la fin des années 1990, attirant ainsi de très nombreux travailleurs de l’est européen, qui ont trouvé au Portugal un petit coin de paradis, malgré des conditions de travail souvent très dures.

Pepe, joueur brésilien naturalisé portugais.
Pepe, joueur brésilien naturalisé portugais.

Étonnement, au vu du contexte médiatique actuel, le nombre d’étrangers africains est en baisse (-2,8%). Une partie de cette baisse s’explique par l’acquisition de la nationalité portugaise, mais également par un flux somme toute assez modeste de nouveaux arrivants. Nous sommes très loin de « l’invasion migratoire » que les médias s’évertuent à nous faire croire.

Si invasion il y a, il s’agit surtout de français et d’italiens : il s’agit de la plus forte hausse en 2017 de nouveaux arrivants, avec respectivement une hausse de 36% et de 50% !

Un français sur trois vivant au Portugal est retraité. On notera que les espagnols ne sont pas dans le top 10 des étrangers vivant au Portugal, malgré la proximité géographique (ils ont été remplacés au classement par les italiens).

Une curiosité : 17% des italiens sont nés au Brésil. Ceci s’explique par le « droit du sang » italien au moment d’acquérir la nationalité, qui se transmet de père en fils, où qu’ils soient. Ainsi, bon nombre de brésiliens sont également italiens, même si leur famille est installée au Brésil depuis plusieurs générations. Au moment de venir au Portugal, il était plus simple pour eux de se déclarer comme étant italiens.

Et l’immigration illégale?

Selon le SEF, 4811 immigrés illégaux, principalement des brésiliens et des indiens ont reçu une notification pour quitter le territoire portugais en 2017, un nombre en baisse de 12% face à 2016. Il n’y a ainsi rien d’alarmant, le solde migratoire étant même toujours défavorable au Portugal : 100 000 portugais quittent ainsi leur pays chaque année pour trouver de meilleures opportunités de travail ailleurs.


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