L'addition est très lourde...

N’oubliez pas de payer les péages d’autoroute !

Par José da Silva, le 9 avril 2018

Au Portugal, nous avons deux types d’autoroutes. Les traditionnelles, avec des péages classiques où l’on paie en sortant après avoir présenté le ticket d’entrée, et les autoroutes à portiques.

Ces autoroutes à portique étaient autrefois souvent gratuites, celles que l’on nommait « SCUT », Sem Custo para o UTilizador, c’est à dire « sans coût pour l’usager ». Avec la crise, ce qui devait être gratuit pour les usagers est devenu payant en 2010 – 2011.

Ne contestons pas, l’Etat veut se faire des sous, mais nous avons aujourd’hui des autoroutes désertes ! Autour de Porto par exemple, tout le monde préfère passer par les routes non payantes, provoquant de graves problèmes de circulation automobile, tandis que les anciennes SCUT qui font le tour de l’agglomération sont vides.

Ces autoroutes sont encore aujourd’hui une source de polémiques stériles. Certains disent qu’elles n’auraient jamais dû être payantes, parce qu’elles ont été construites avec des fonds communautaires pour développer des régions portugaises en perdition. Une autoroute gratuite allait peut-être aider les villes de l’intérieur à se développer ?

Cette polémique est stérile, parce qu’une fois que l’Etat instaure une nouvelle taxe, un nouveau péage, nous savons bien qu’il ne reviendra plus jamais en arrière. Peut-être que la ville de Porto pourra jouer de son influence afin de rendre gratuite les autoroutes qui l’entourent, mais n’espérons pas beaucoup plus…

Maintenant, imaginez que vous ne payez pas votre passage sous un portique d’une de ces fameuses autoroutes. Que se passe-t-il ?

Si vous avez une plaque d’immatriculation étrangère, pas grand chose. En principe, vous auriez dû prendre un ticket spécial en entrant au Portugal en voiture. Associé à votre carte de crédit, ce ticket provoque le débit automatique des sommes dues. La validité de ce « contrat » n’est que d’un mois, le temps des grandes vacances pour la plupart des portugais de France venant au pays revoir la famille.

Les autres, ceux qui veulent rester un peu plus longtemps ou qui n’ont pas de carte de crédit doivent aller à la Poste (CTT au Portugal) et acheter un ticket pré-payé, que l’on associe à sa plaque d’immatriculation. Pour être franc, de très nombreux « étrangers » ne se donnent même pas la peine de prendre un ticket à la frontière ou d’en acheter un au CTT le plus proche. Rares sont ceux qui ont un jour été attendus à la frontière au retour en France pour payer ce qu’ils doivent.

Ce qui provoque un immense sentiment d’injustice : les étrangers en visite au Portugal ont ainsi des autoroutes gratuites, mais pas les portugais !

Non, le portugais lui, il doit payer au CTT. Il indique sa plaque d’immatriculation, on lui présente la facture. Il peut également le faire dans le confort de sa maison, en consultant le site internet dédié des CTT. Il pourra ainsi obtenir les données pour pouvoir payer via Multibanco (caisse de retrait portugaise) ou le faire via Home Banking (la plupart des banque permettent à leurs clients de pouvoir payer via Multibanco sur le compte client Internet).

Il peut aussi obtenir ces données en envoyant un SMS au 68881 en tapant « CTTMBespacePlaqued’immatriculationEspaceNIF »

Bref ! Rien de simple, surtout que le SMS coûte 30 centimes, et ne vous inquiétez pas, payer via Internet aussi ça coûte de l’argent, un tarif variable (les fameux coûts administratifs).

Admettons maintenant qu’on ne paie rien. Que se passe-t-il ?

Surtout que c’est facile d’oublier de payer, le paiement n’est pas disponible tout de suite après le passage sous le portique, mais seulement 48 heures après ! Et à partir de là, on a juste quelques jours pour payer.

Et bien il se passe que l’on reçoit, plusieurs mois plus tard, la facture à payer, ainsi que les coûts administratifs. Regardons ce que j’ai reçu d’un peu plus près.

L'addition est très lourde...
N’oubliez pas de payer les péages d’autoroute !

Deux portiques de passés, coûtant 50 centimes chaque. C’est ce qu’il y a d’écrit sur les panneaux juste avant le portique sur l’autoroute, c’est ce qu’il y a d’écrit sur la facture. Donc normalement, j’en ai pour un euro si je paye à temps, avec quelques centimes de retard. Mais ces quelques centimes de retard, c’est plutôt quelques euros ! 5,42 € à payer, pour une facture originelle d’un euro.

C’est très lourd, c’est révoltant. Et comment ça se fait que ça existe toujours, un tel scandale? Parce qu’au Portugal, la plupart des automobilistes utilisent « Via Verde », le télépéage. Je n’adhère pas au télépéage pour des raisons particulières (c’est lié à une autre polémique, les SUV en classe 2 qui paient le double des autres voitures, on en parlera un autre jour…).

Tout est fait pour pousser les usagers à prendre le Via Verde. Passer par une SCUT, sans le télépéage, c’est vraiment aimer s’embêter ! Imaginez, pour payer un euro, il faut y réfléchir 48 heures plus tard, faire une demande d’obtention de coordonnées de paiement et aller payer sur un Multibanco ou le faire via son compte Internet de banque. J’avoue que je ne prends les SCUTs que vraiment si j’y suis obligé !

Mais néanmoins, il y a des solutions pour au moins ne pas oublier. On peut utiliser une application mobile (iOS et Android) ou bien se créer une alerte spéciale en créant un compte CTT sur leur site internet dédié aux alertes.

Au final, vous l’avez compris, je n’aime pas du tout ce système. Les oublis, ça arrive, surtout sur de petites sommes comme ça. Les coûts administratifs sont un abus absolu, l’envoi du courrier est plus cher que le prix du péage ! Et pour les étrangers qui vivent à l’année au Portugal et qui ne sont pas au fait de ces subtilités (parce qu’ils ne maîtrisent pas la langue), j’imagine que ce doit être l’enfer…

 


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