Haut-commissaire pour les réfugiés de l'ONU, António Guterres
Haut-commissaire pour les réfugiés de l'ONU, António Guterres

Haut-commissaire pour les réfugiés de l’ONU, António Guterres

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Antonio Guterres est un ancien premier ministre socialiste du Portugal, de 1995 à 2002. Aimé des Portugais, la principale critique qui lui était faite était son manque d’autorité. Trop gentil. Pas de majorité absolue.

Ce furent 7 années où il était difficile de gouverner le pays, car pour le faire avancer dans un sens ou dans l’autre, il fallait que les décisions puissent être prises. Or, elles étaient souvent bloquées, précisément par un travail de l’opposition qui mettait des bâtons dans les roues à tout prix. Du moins c’est comme ça que je l’avais perçu à l’époque. Les guignols de l’info portugais, le “contra-informação” faisaient répéter à la marionnette de Guterres à chaque sketch “é a vida“, “c’est la vie”, dans un signe de résignation fataliste vis à vis de son impuissance. C’était effectivement le entiment qui se dégageait de cette époque du gouvernement.

Antonio Guterres. Source : wikipedia

Antonio Guterres. Source : wikipedia

On se souviendra également de Guterres en tant que catholique, dans un parti majoritairement constitué d’athées ou d’agnostiques, ce qui lui valait beaucoup d’opposition interne, en plus de l’opposition classique des autres partis. Le cas le plus flagrant dont je me souviens eu lieu lors du premier référendum pour ou contre l’avortement : le Parti Socialiste était pour l’avortement, tandis que lui, premier secrétaire, était contre. Le premier référendum fut donc négatif pour les femmes qui voulaient avoir le droit d’avorter, de très peu. Probablement que la position d’Antonio Guterres n’y est pas étrangère.

Il se démet de ses fonctions de premier-ministre le lendemain du résultat des élections municipales, où le parti de l’opposition, le PSD, avait clairement remporté la majorité des municipalités. Il avait dit à l’époque que c’était pour éviter la “jungle politique”, le désordre : si le pays avait été difficile à gouverner jusque là, il serait carrément impossible de le faire désormais.

Voilà pour l’homme politique, qui fut également président de l’internationale socialiste de 1999 à 2005.

Élève brillant, diplômé en ingénierie électrotechnique avec une moyenne finale de 19/20, il fut élu meilleur élève des lycées du Portugal. Tandis qu’il était au pouvoir, il eu un grand malheur : sa femme mourut de maladie prolongée en 1998, d’un cancer. Il se remariera en 2001.

C’est en 2005 qu’il devint le Haut-commissaire pour les réfugiés de l’ONU, mandaté jusqu’en 2009. Et c’est clairement quelqu’un taillé pour le poste au sein de l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), de par ses qualités humaines et son sens de la diplomatie. Cette institution a reçu à deux reprises le prix Nobel de la paix, en 1954 et en 1981. Pour attirer l’attention de la communauté internationale sur les problèmes des réfugiés, de plus en plus nombreux, le haut-commissariat pour les réfugiés de l’ONU fait appel à des “ambassadeurs de bonne volonté”, des personnalités très médiatiques. Angelina Jolie, Giorgio Armani ou Barbara Hendricks en font partie.

Jamais le rôle de l’agence de l’ONU n’a été si vital. Depuis 2006, avec l’Irak, l’Afghanistan, les conflits “oubliés” africains, il existe une recrudescence de guerres et de combats qui sèment la panique. Forte de ses 6300 employés, de sa présence dans 110 pays, elle protège et aide 32,9 millions de personnes ! Le budget 2007 a été de 1 milliard de dollars. Même budget réuni par l’Union Européenne pour venir en aide à la production agricole des pays pauvres, face à la crise alimentaire mondiale actuelle. Bien peu, si on pense à l’ampleur de la tâche, bien peu si on pense aux 700 milliards dont on parle pour sauver le système financier occidental de la crise actuelle… priorités pour le moins étranges. Immorales nous dit Antonio Guterres.

Le Haut-commissaire pointe lui même ces inégalités flagrantes et scandaleuses. Lorsque l’on parle des immigrés qui envahissent l’Europe, ce qui serait le résultat de ces guerres, il faut se souvenir que ce n’est qu’une infime partie de la population totale réfugiée, qui est dans son écrasante majorité dans des pays du sud et limitrophes des pays en conflit : Pakistan, Iran, Syrie….

Il ne nous reste plus qu’à souhaiter tout le bonheur du monde à Antonio Guterres dans sa lourde tâche de venir en aide aux réfugiés, qui n’a jamais été aussi difficile depuis la seconde guerre mondiale…


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