Formation adulte au Portugal : programme Novas Oportunidades
Formation adulte au Portugal : programme Novas Oportunidades

Formation adulte au Portugal : programme Novas Oportunidades

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Le Portugal investi massivement dans l’éducation et la formation. L’un des piliers de cet investissement est le programme “Novas oportunidades”, nouvelles opportunités, qui va permettre a des milliers de personnes de retrouver les bancs du lycée pour récupérer une formation qu’ils n’avaient pas eu. Une très grande partie de la population active portugaise n’a pas de qualifications, n’ayant pas fini le lycée, ou même le collège : en 2001, selon l’OCDE, 9% de la population était analphabète ! Pour continuer sur ces chiffres, le nombre d’années de scolarisation par habitant au Portugal était de 8,2. En France, c’est 11,5. Le Portugal est derrière un pays comme la Turquie, 9,6, et largement en dessous de la moyenne de l’OCDE, 12. L’OCDE au vu de ces chiffres, suggère au Portugal d’investir massivement dans l’enseignement secondaire, ce que le Portugal avec cette initiative, est en train de faire.

Logo Novas oportunidades

Logo Novas oportunidades

Le programme se dirige aux adultes qui n’ont pas complété la 9ème année d’études ou le lycée, avec pour but d’augmenter leurs qualifications. Au travers des reconnaissances des compétences acquises au cours d’une carrière professionnelle, les adultes peuvent rentrer directement au lycée, même s’ils n’avaient pas complété le collège : c’est la reconnaissance que le travail est tout aussi formateur que la théorie de l’école (même plus, si vous voulez mon avis…).

Pour mesurer l’ampleur de l’impact de cette mesure, je peux vous dire qu’au village de mes parents, il existe déjà plusieurs adultes qui vont fréquenter ces cours, dont mon propre père. Un large choix de formations professionnelles de niveau secondaire (lycée) sont à leur disposition. La flexibilité du programme prend en compte les réalités de ce nouveau type d’élèves, qui n’ont pas tout leur temps disponible. C’est pourquoi les horaires de cours sont à négocier avec les profs, ainsi que le type de formation.

Au début de l’année, il y a eu une grande réunion au lycée technique de Pombal (ETAP, ecole technique et artistique de Pombal), avec tout les intéressés par la formation adulte de la municipalité de Pombal. Il s’agissait de leur présenter l’initiative “Novas oportunidades”, et de leur faire découvrir les formations qu’ils pouvaient choisir.

Pour que la formation se fasse, il faut un minimum d’élèves. C’est le rôle du coordinateur (coordinatrice dans ce cas) : faire en sorte que tout le monde se retrouve avec une formation, même si ce n’est pas tout à fait ce qu’ils demandaient, et aux bons horaires. Les chômeurs préfèrent le matin, les travailleurs préfèrent le soir.

Ce n’est clairement pas une mince affaire, mais pour que ce soit un succès, comme on le voit, la population est fortement mise à contribution. Ce n’est pas l’Etat qui impose, mais bien la population qui soumet ses conditions, la formation a été conçue de façon très locale.

Les critères d’évaluation des acquis se fera selon des critères internationaux : la formation leur sera véritablement utile. Par ailleurs, les formations proposées prennent en compte les réalités socio-professionnelles d’une région. Pombal est une ville industrielle, au secteur du BTP puissant : on aura plutôt des formations en rapport avec l’industrie et le bâtiment, tandis que vers des villes plus agricoles, les formations se feront plutôt en rapport avec l’agriculture.

L’état a pour objectif la formation d’au moins 350 000 adultes par ce biais d’ici 2010. C’est véritablement un chiffre ambitieux, mais qui semble réalisable, vu l’engouement suscité chez les personnes qui n’avaient pas eu la chance, bien souvent, de pouvoir étudier. Mes parents se souviennent bien : pour aller au collège, il fallait faire tous les jours 5 kms à pied de bon matin, puis 5 kms à pied le soir. Nombreux étaient ceux qui préféraient tout simplement aider les parents dans les champs, ou partir directement sur leur moto à l’usine (à l’âge de 14 ans) ou, plus vieux, partir en France (mon père est parti en France à l’âge de 17 ans…).

Pas trop la place pour les études, donc.

Le dernier avantage de cette formation, c’est qu’elle donne le droit aux élèves d’acheter un ordinateur portable à bas prix (150 euros pour un ordi qui en vaut au moins 700…) avec le programme e-escola, ce qui intéresse fortement mon père :D


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