Fondation Champalimaud : recherche en biomédecine et vision
Fondation Champalimaud : recherche en biomédecine et vision

Fondation Champalimaud : recherche en biomédecine et vision

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Le plus riche de tous les Portugais, Antonio de Sommer Champalimaud a, par testament, institué la fondation qui porte son nom, ou, plus précisément, le nom de ses parents (Fundação Anna de Sommer Champalimaud e Dr. Carlos Montez Champalimaud). La fondation a donc vue le jour en 2004, commençant à réellement fonctionner en 2007, avec l’attribution du premier prix de Vision Antonio Champalimaud (surnommé parfois le “prix Nobel de la vision”).

Champalimaud était issu de la bourgeoisie portugaise, et, à la mort de son père, avait dû reprendre les affaires familiales, abandonnant ses études. Il réussi à remettre sur pied l’entreprise de son père, qui était techniquement à la faillite, la Companhia Geral de Construções. Il réussi en l’espace de quelques années, à se constituer le plus grand empire financier du Portugal, sous l’oeil bienveillant du dictateur Salazar, et avec un mariage heureux, l’héritière d’une des plus grosses fortunes de l’époque : Maria Cristina de Mello. Il existe aujourd’hui trois fortunes mythiques au Portugal dans le monde de la Finance : les Mello, les Espirito Santo et les Champalimaud…

Fondation Champalimaud

Fondation Champalimaud

Lors de la Révolution des Œillets, en 1974, il avait du fuir le pays : ses entreprises avaient été nationalisées. Repartant de zéro ou presque au Brésil, il put reconstituer rapidement une fortune colossale. Revenu au Portugal en 1992, il racheta ses anciennes entreprises, qu’il revends plus tard dans la presque totalité au groupe espagnol Santander, provoquant ainsi une vive polémique : les grandes entreprises portugaises étaient vendues aux Espagnols ! L’Etat empêcha même la vente de la totalité du groupe, qui, après beaucoup de péripéties, est revenu en mains portugaises.

Champalimaud

Champalimaud

Champalimaud, souffrant de la vue (il était devenu aveugle vers la fin de sa vie), décida donc d’instituer cette nouvelle fondation, vouée à la recherche en biomédecine, spécialement la recherche sur la vue, en la dotant de 500 millions de euros. Cette fondation, pour les chercheurs dans le domaine de la vision, est de tout premier ordre, au niveau mondial. Le prix Vision Antonio Champalimaud est le plus important, au niveau monétaire, au niveau mondial : un million d’euros sont attribués aux chercheurs et à ceux qui luttent contre la cécité, qui se distinguent. Pour la première attribution, en 2007, le prix a été décerné à l’institution privée indienne Aravind Eye Care System, qui lutte activement contre la cécité (de millions de personnes ont ainsi été soignées dans les hôpitaux ophtalmologiques de l’institution). En 2008, deux chercheurs américains ont remporté le prix, pour leurs travaux sur la transformation de la lumière en impulsions électriques, et pour la recherche sur le code génétique des pigments visuels humains.

L’actuelle présidente est Leonor Beleza, ancienne ministre de la santé, comme l’avait décidé Champalimaud dans son testament.

On peut espérer qu’avec une telle fondation, la cécité, qui touche quand même 40 millions de personnes dans le monde, finira par n’être plus qu’un mauvais souvenir.


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